Un pommier en espalier se taille surtout en fin d’été, lorsque la croissance ralentit. La taille d’hiver reste un complément, utile pour former un jeune arbre ou corriger la structure d’un sujet adulte. Voici le calendrier, puis la méthode à suivre selon l’âge de votre arbre.
Quand tailler un pommier en espalier ?
La taille d’été est l’intervention principale sur un arbre déjà formé, et pour un agrume, reportez-vous à la taille d’un citronnier 4 saisons. Elle débute à partir de la mi-août et peut aller jusqu’au début de septembre. Le bon repère est visuel : le tiers inférieur des nouvelles pousses est devenu ligneux, c’est-à-dire que l’écorce a durci et brunit. Si l’arbre est très vigoureux, si la récolte est faible ou si l’été a été humide, attendez plutôt septembre.
La taille d’hiver se pratique pendant la dormance, de novembre à début mars, en évitant les jours de gel. Sur un espalier établi, elle reste légère : on retire environ 10 à 20 % du volume de la ramure, pas davantage. Pour un jeune arbre en formation, on la place plutôt en fin d’hiver, en février ou en mars, juste avant le départ de la sève.
| Période | Type de taille | Objectif |
|---|---|---|
| Mi-août à début septembre | Taille d’été (taille en vert) | Freiner la vigueur, garder la forme plate, faire entrer la lumière |
| Février à mars | Taille d’hiver de formation | Construire les branches charpentières d’un jeune arbre |
| Novembre à début mars (hors gel) | Taille d’hiver d’entretien | Corriger la structure, rénover, retirer le bois mort |
Comment réaliser la taille d’hiver de formation
La taille de formation concerne les premières années. Elle vise à construire une charpente régulière sur le support, qu’il s’agisse d’une palmette, d’un cordon horizontal ou d’un double U. Le choix de la forme se fait avant la plantation, car il conditionne la distance entre les fils de fer et la place disponible sur le mur.
Dès la plantation, on rabat la tige à environ 40 à 50 cm du sol, au-dessus d’un bourgeon bien formé. Au printemps, les pousses qui partent sont sélectionnées : on garde celles qui serviront de branches charpentières et on supprime celles qui poussent vers l’avant ou vers l’arrière du mur. Un pommier en espalier doit rester plat.
L’hiver suivant, on choisit deux branches opposées que l’on couche progressivement vers l’horizontale. Cette arcure calme la croissance en hauteur et favorise la mise à fruit. Mieux vaut l’obtenir en plusieurs étapes, avec des liens souples, que de forcer d’un coup au risque de casser la branche. On raccourcit l’extrémité de chaque charpentière d’environ un tiers, au-dessus d’un bourgeon orienté vers le bas ou le côté, pour qu’elle continue de s’allonger dans l’axe voulu.
Chaque année, on ajoute un étage de branches jusqu’à remplir le support. Le palissage se fait au fur et à mesure sur les fils de fer, sans serrer, pour laisser le tronc grossir.
La taille en vert en été : contrôler la vigueur

La taille d’été, aussi appelée taille en vert, se pratique alors que l’arbre porte encore ses pommes. Elle limite la vigueur, car on retire du feuillage au moment où la sève redescend, et elle aère la ramure pour que les fruits colorent mieux. Elle réduit aussi la repousse de gourmands que provoquerait une taille d’hiver trop sévère.
La méthode est assez régulière d’un arbre à l’autre. Sur les pousses de l’année qui partent des branches charpentières et mesurent plus de 20 cm, on coupe trois feuilles au-dessus de la rosette de feuilles située à leur base. Les petites ramifications nées sur ces pousses (les repousses de l’année) sont raccourcies à une ou deux feuilles. Les rameaux qui s’écartent du plan du mur sont supprimés en priorité.
Les prolongements des charpentières, eux, ne se touchent pas en été tant que l’arbre n’a pas atteint sa taille définitive. On les raccourcit l’hiver suivant, ou on les laisse pousser jusqu’à occuper leur place sur le support.
Taille d’entretien et de fructification, année après année
Une fois la charpente en place, la taille d’entretien consiste à entretenir les organes qui portent les fruits. Le pommier fructifie sur du bois de deux ans et plus, et on repère trois éléments utiles. Le dard est un petit rameau court et pointu, qui peut devenir un bourgeon à fruit. La lambourde est un rameau fin, plus long, terminé par un bourgeon à fruit. La bourse est le renflement qui reste sous la pomme après la récolte, et qui produira de nouvelles fleurs l’année suivante.
Ne coupez jamais une bourse : c’est la récolte de l’an prochain
En hiver, un bourgeon à fruit se reconnaît à sa forme ronde et dodue, alors que le bourgeon à bois est plat et pointu. Si vous hésitez, laissez le rameau en place plutôt que de le couper.
Sur un arbre adulte, la taille d’hiver consiste à éclaircir les groupes de dards trop denses, à raccourcir les lambourdes qui s’épuisent et à supprimer le bois mort ou malade. Les coupes se font juste au-dessus d’un bourgeon, en biseau, sans laisser de chicot. Pour un pommier greffé sur un porte-greffe nanisant, la vigueur reste plus facile à tenir, ce qui rend la taille moins exigeante.
Quand l’arbre s’emballe, avec beaucoup de bois et peu de fruits, c’est le signe d’une taille d’hiver trop sévère ou d’un excès de vigueur. On corrige alors en renforçant la taille d’été et en allégeant l’hiver.
Erreurs à éviter et outils indispensables

L’erreur la plus coûteuse concerne la période. Une taille sévère en plein hiver sur un arbre vigoureux provoque une avalanche de gourmands, ces rameaux verticaux qui consomment la sève sans donner de fruits. Tailler en fin d’automne par temps humide expose aussi les plaies aux maladies, comme le chancre. Enfin, couper les dards et les lambourdes par excès de zèle supprime directement la floraison suivante.
Autre piège fréquent : négliger le palissage. Des liens trop serrés étranglent les branches, et des rameaux laissés libres sortent du plan et ombragent le reste de l’arbre. Vérifiez les attaches chaque année et desserrez-les si l’écorce marque.
Côté matériel, un petit équipement suffit :
- un sécateur bien affûté, à lame franche, pour les rameaux jusqu’à 2 cm ;
- une scie d’élagage ou un égoïne pour les branches plus grosses ;
- du mastic cicatrisant, réservé aux grosses plaies ;
- des liens souples et des fils de fer tendus sur le mur pour le palissage.
Désinfectez les lames à l’alcool entre deux arbres, surtout si l’un d’eux présente des signes de maladie. Quel que soit l’âge du pommier, mieux vaut tailler un peu moins que trop : une taille légère répétée chaque année donne un arbre plus régulier et plus productif qu’une grosse intervention tous les trois ans.





